lundi 18 janvier 2010

ETATS GENERAUX DE L’INDUSTRIE : TOUT POUR LE MEDEF , RIEN POUR L’EFFICACITE ECONOMIQUE ET SOCIALE ?

L’engagement de la CGT pour la pérennité et le développement des activités industrielles est incontestable. La CGT a mobilisé, le 22 octobre 2009, plus de 30.000 salariés lors de la manifestation nationale pour le maintien et le développement de l’industrie, dont 2500 du Nord Pas de Calais. Elle lutte quotidiennement dans les entreprises pour la défense de l’emploi, des capacités productives.

De longue date, nous demandons un débat national sur cette question. Le Président de la République y a répondu en proposant la tenue des États Généraux de l’Industrie.

Pour notre région, la CGT entend créer toutes les conditions, pour que cette démarche débouche sur des mesures économiques et sociales efficaces et ambitieuses.

Il s’agit de défendre et développer l’emploi, les qualifications, les activités. La CGT a pris toute sa place dans les différents ateliers lors de la première réunion régionale des États Régionaux sur l’Industrie le 1er décembre 2009, avec pour seule volonté, de faire prendre en compte les besoins des salariés et de la population. Elle a développé ses propositions pour viser l’efficacité économique et sociale :


 Le développement en emplois et qualifications, la promotion des capacités humaines doit être l’axe principal ;
 L’accroissement de l’effort de recherche et d’innovation, le problème n’est pas le coût du travail mais sa dévalorisation. Il faut combler le retard de notre région en recherche innovation, particulièrement en entreprise où l’effort national en ce domaine est 1/3 inférieur à celui de l’Allemagne. Il faut bien mesurer que la concurrence internationale qui touche notre industrie n’est pas le fruit des pays émergents mais de ceux développés. C’est encore plus vrai dans les matériels de transports, technologies de pointe ;
 Le développement d’une politique cohérente de l’énergie ;
 Le financement de la croissance industrielle des entreprises. Il faut desserrer les contraintes de rentabilité et la pression des actionnaires qui pèsent sur les critères de gestion. Ces derniers ne voient que par la croissance financière à court terme au détriment de l’investissement productif ;
 Favoriser la mobilisation collective en faisant le choix de la démocratie sociale et des droits d’intervention des salariés, y compris sur les choix stratégiques ;
 Les comités d’entreprises doivent avoir un droit suspensif sur les plans de suppressions d’emploi afin de pouvoir élaborer des propositions alternatives ;
 La création d’un comité interentreprises où les salariés des entreprises donneuse d’ordre et sous- traitantes auraient des droits nouveaux afin d’établir un droit égal à formuler des avis et propositions sur l’ensemble d’une filière d’un bassin d’emploi, d’un territoire ;
 Le contrôle des fonds public ;
 La sécurité sociale professionnelle…


Dans le Nord – Pas de calais, le développement et l’investissement productif ont été sacrifié au profit de la rentabilité financière à court terme. Les investissements dans la recherche sont inférieurs à la moyenne nationale, les PME restent sous la coupe de grands donneurs d’ordre sans qu’elles aient les moyens de financement propres pour se développer. Il est urgent et primordial d’investir en masse dans l’innovation, la formation des salariés et les rémunérations pour stimuler la demande intérieure et ne pas laisser la finance et les délocalisations comme critères de l’évolution de l’industrie.

L’illustration de ce constat se trouve chez les constructeurs automobiles PSA et Renault, comme les équipementiers, qui tout en planifiant la fermeture de nombreux sites, des délocalisations, des licenciements, se sont vus dotés par un gouvernement plus que conciliant, une aide de plus de 6,6 milliards d’euros chacun.

Alors que nous nous trouvons entre les 2 phases des Etats Généraux de l’Industrie, les conflits sociaux de PIMKIE à TOTAL en passant par ARC INTERNATIONAL, montrent que le patronat n’a qu’une seule ambition : Préserver les bénéfices et profits dans le seul but de satisfaire les exigences des actionnaires.

Dans tous les ateliers, les militants de la CGT ont insisté pour affirmer qu’il fallait rompre avec ces errements qui placent l’industrie sous le diktat de la finance, avec cette quête incessante de rentabilité financière qui est la cause du mal profond qui ronge notre industrie, l’économie en général !

La CGT tient à vous informer de sa préoccupation quant au contenu de la synthèse des premiers axes d’actions résultant des travaux régionaux.

Une synthèse qui reste très conformiste autour de la question traditionnelle de la « compétitivité ». Les Etats-Généraux vont-ils être réduits à une chambre d’enregistrement pour donner quitus à d’éventuelles décisions gouvernementales répondant essentiellement aux souhaits du patronat ?

Seules sont reprises les exigences patronales en matière de fiscalité, d’exonérations de cotisations sociales et comme si cela ne suffisait pas, les pouvoirs publics voudraient nous faire croire que le cahier des charges du MEDEF devrait être à lui seul la boussole de l’industrie.

La CGT ne peut accepter qu’il soit accordé si peu d’attention aux propositions de financement qui rompent avec les pratiques antérieures à l’origine de la crise. Elle ne se retrouve ni dans les constats, ni dans les principes de propositions. Cette synthèse ignore les questions du travail, des droits d’intervention des salariés et des capacités humaines en général !

Qui plus est, elle ignore les nombreux atouts de la région : Sidérurgie, télécoms, chimie, transports, énergie…, des salariés globalement qualifiés, des services publics (encore) de qualité. Ils nécessitent une innovation dans le partenariat des entreprises, tant du secteur public que privé, et des territoires en abandonnant toute logique de mise en concurrence (De nombreux exemples ont été cités…).

Ce contenu partial de la synthèse est inacceptable comme l’est, le report unilatéral et cavalier de la date du 2ème rendez-vous pour ces EGI régionaux.

C’est faire bien peu de cas des organisations syndicales que d’imposer ce report de « dernière minute » : le temps patronal n’est peut-être pas compté mais le temps syndical, lui l’est !

Ces pratiques ont délibérément créée des conditions rendant impossible la participation de la CGT.

La CGT est la première organisation syndicale de la région. Elle entend participer, de manière ouverte et constructive au débat public.

Mais tout comme les autres acteurs, elle attend des pouvoirs publics que sa nature, sa voix, sa représentativité soient respectées.

La CGT continuera à œuvrer avec les salariés pour porter avec eux les ambitions d’efficacité économique, de démocratie, de solidarité et de conquêtes sociales.

Elle appelle les salariés du Nord Pas de Calais à une journée de grève et d’arrêts de travail avec manifestation régionale
Jeudi 4 février 14h30 Porte de Paris